Publié le 07 janvier 2026 – Source: A2g Patrimoine

Les récents événements politiques au Venezuela, marqués par une intervention forte des États-Unis et un possible changement de gouvernance, ont suscité de nombreuses interrogations. Faut-il y voir un simple épisode politique ou un mouvement de fond aux conséquences économiques plus larges ?
Les équipes de Janus Henderson livrent une lecture qui dépasse le seul cadre vénézuélien.

Un impact limité à court terme sur les marchés financiers

À court terme, ces événements ne devraient pas bouleverser les marchés mondiaux. Le Venezuela est économiquement marginalisé depuis de nombreuses années, en raison de sanctions internationales, d’une instabilité politique chronique et d’un effondrement de son appareil productif.

De nombreuses entreprises internationales ont déjà quitté le pays. Quelques groupes seulement conservent une exposition résiduelle, notamment dans le secteur énergétique. Pour ces acteurs, un environnement politique plus stable pourrait, à terme, représenter une amélioration progressive des conditions d’exploitation.

Sur les marchés financiers :

  • les obligations vénézuéliennes pourraient connaître un soutien temporaire, lié à l’espoir d’une normalisation politique ;
  • les marchés pétroliers pourraient réagir de façon contrastée : l’incertitude géopolitique pousse souvent les prix à la hausse, mais une reprise de la production vénézuélienne exercerait, à terme, une pression à la baisse.

Pourquoi le Venezuela reste stratégique sur le plan énergétique

Le Venezuela détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. Pourtant, sa production s’est effondrée : elle est passée d’environ 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à moins d’un million aujourd’hui.

Cette chute s’explique par :

  • les sanctions internationales,
  • un sous-investissement chronique,
  • la dégradation des infrastructures pétrolières.

Dans un scénario de stabilisation politique et d’allègement des sanctions, le pays pourrait rouvrir la porte aux investissements étrangers. Certains analystes estiment qu’une production de 2 millions de barils par jour pourrait être atteinte à horizon de quelques années, sous conditions.

Une telle évolution modifierait l’équilibre mondial de l’offre pétrolière et renforcerait la sécurité énergétique des pays occidentaux, en particulier des États-Unis.

Un enjeu géopolitique bien plus large

Au-delà de l’aspect économique, la situation du Venezuela illustre une tendance plus globale : le retour progressif à un monde organisé autour de sphères d’influence régionales.

  • Les États-Unis cherchent à consolider leur position sur le continent américain,
  • la Chine renforce son influence en Asie,
  • l’Europe doit composer avec une relation complexe avec la Russie.

Dans ce contexte, le Venezuela apparaît comme un cas d’école : un événement local, mais révélateur d’un réalignement géopolitique mondial auquel les investisseurs devront progressivement s’adapter.

Ce qu’il faut retenir pour les investisseurs

À court terme, ces évolutions ne devraient pas provoquer de revalorisation massive des marchés.
En revanche, elles méritent une attention particulière sur le moyen et long terme, notamment pour :

  • les marchés de l’énergie,
  • les obligations des pays émergents,
  • la diversification géographique des investissements,
  • la gestion du risque géopolitique dans les portefeuilles.

Comme toujours, ces perspectives restent soumises à de nombreuses incertitudes. Les tendances passées ne préjugent pas des évolutions futures, et aucun scénario ne peut être garanti.